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C’était un jour important pour Babychou, samedi. C’était la première fois qu’il était invité à dormir chez un copain. Ce matin-là, il a vu nos tristes mines au petit-dej.

J’avais envie, j’avais besoin de regarder jouer ma fille, de lui moucher le nez, de soigner son gros rhume, de discuter avec mon fils de 4 ans de ses projets d’aller en Afrique en fusée, de marcher sur la Lune et de répondre à toutes les questions qu’il se pose sur les dinosaures. J’avais envie de les serrer dans mes bras et ne plus les lâcher. Besoin de rester dans ce cocon familial, de pas sortir, de faire comme si rien ne s’était passé.

Depuis la veille, je bossais d’une main. Et puis j’ai quitté ce cocon pour y aller, au boulot.

Et mon fils m’a demandé :

– Pourquoi tu vas travailler ?

– Parce qu’il s’est passé des choses très graves cette nuit. Et il faut le raconter.

– Il s’est passé quelque chose de grave ?

– Oui, des méchants ont tué des gens qui s’amusaient.

– Pourquoi ?

– …

– Pourquoi des méchants ont tué des gens qui s’amusaient ?

– … Je ne sais pas.

« Je ne sais pas ». Je n’ai pas su lui expliquer. Que dire d’autre à un enfant de 4 ans qui rêve d’être le premier pirate à marcher sur la Lune ? A un petit garçon curieux de tout, qui aime aller vers l’autre, gentil, sensible, dont la couleur préférée est le bleu, qui adore son pyjama où il est écrit « super-héros », ses chaussettes crocodiles, qui aime les câlins et son doudou-chat ? Un petit garçon qui parle à ceux qu’il ne connaît pas, qui est émerveillé par les aventures, les vraies, et qui dit aux inconnus qu’il a eu un vélo pour son anniversaire ? Je ne vais quand même pas lui parler d’intégrisme, de terrorisme, de haine, de barbarie, de l’horreur qu’a vécu Paris ce vendredi soir ?

Je voudrais le protéger de ça, les protéger de ça. Qu’ils n’entendent jamais parler de ça. Je voudrais qu’ils restent dans notre cocon, qu’on continue à raconter des histoires, à inventer des histoires dont Babychou est le héros, qu’on fasse de la pâte à sel, qu’il me demande de jouer avec lui aux voitures.

J’ai répondu : « je ne sais pas ».

 

 

pochette

L’objet du délit

C’était ma première. Ma première fête des mères avec un enfant scolarisé. Lorsque Babychou était à la crèche, j’avais eu un beau portrait de lui confectionné par ses puéricultrices. Cette fois, Babychou s’y est collé. Et en découvrant son cadeau, une « pochette », j’ai eu un moment d’angoisse. Avant de me rappeler qu’il n’avait que 3 ans et demi. Malgré tout, je me demande quelle était la consigne de son enseignante.

Si c’était : « Vas-y, laisse libre court à ton imagination ! » Babychou m’a assuré avoir dessiné un bateau de pirate. Bon. Bon, bon, bon. Il a une marge de progression assez grande. Mais soyons honnêtes : comme bateau de pirate, c’est raté. Ou alors il a une perception assez curieuse de la réalité. Mais comme il a un sens de l’humour assez primaire et qu’il est dépourvu de second degré, je n’ai pas fait de commentaire. Je me suis contentée de m’extasier devant son cadeau. En plus j’étais obligée, il me l’a donné devant sa maîtresse, qui avait l’air assez fière, elle aussi.

Si c’était : « Vas-y, dessine ta maman » : flippe énorme. Se pourrait-il que je sois un affreux gribouillage ? Ma première pensée a été de lui ouvrir illico un livret A pour qu’il puisse se payer ses 10 ans d’analyse. Et puis je me suis raisonnée. Babychou doit avoir le même talent que moi pour le dessin. Mais je me demande si je ne préfère pas le collier de pâtes.

Ma Poulette

Ma Poulette

J’avoue, j’ai un peu failli à mes bonnes résolutions de début d’année. C’est qu’entre temps, j’ai donné la vie. Et ça, c’est une excuse imparable. Parce que non seulement j’ai donné la vie, mais j’ai déjà un enfant qui est muni de pas mal d’options. Et je n’ai pas trouvé la touche « pause » de Babychou. Ce qui fait qu’avec l’arrivée de Poulette, j’ai été pas mal prise.

Mais me revoilà, fraîche et reposée. Et prête à partir à la recherche d’une nounou pour ma fille. Je vais profiter encore un peu des longues conversations philosophiques avec elle, mais les places sont chères. Nous avons donc mis en place une stratégie assez habile pour trouver la perle rare : LE PARC. Cette sortie plutôt anodine mais quasi quotidienne avec un enfant de 3 ans et demi s’est avérée assez productive puisque nous en sommes repartis avec quatre numéros de téléphone.

Téléphone n°1 : déjà prise.

Téléphone n°2 : rencard. Mettons qu’elle s’appelle Martine. Martine a échoué à la question : « Et que faites-vous quand il pleut ? » Nous habitons à Nantes. A Nantes, il pleut. Réponse de Martine : « Je leur mets un petit dessin animé ! » Et, pensant sans doute nous rassurer, s’enfonce un peu plus : « Des jolis dessins animés, hein, avec des princesses et tout. »

Téléphone n°3 : rencard. Mettons qu’elle s’appelle Fabienne. Fabienne a échoué à la visite médicale. Ce n’est pas de sa faute, mais Fabienne est asthmatique. Mais pas pour de faux. Genre inhalateur et compagnie. Alors à la question : « Et vous allez où en sortie ?« , Fabienne a répondu : « Je ne sors pas en fait, en tout cas j’évite« . Rapport à son asthme. Alors certes, Poulette n’est pas bien grande, mais imaginer Fabienne prise d’une crise d’asthme en train de changer ma fille, j’ai eu peur.

Arnica et porte-bébé

Téléphone n°4 : rencard. La cerise sur le sunday. La crème de la crème. Le genre de nounou que quand tu la vois au parc tu te dis : « Ouah, elle est trop bien cette nounou. » Et tu fais attention à ce que tu dis tellement tu la veux, et tu espères que ta fille, qui fait 150 sourires par jour, va finir par lui en décrocher un. La nounou un peu énervante qui est la cheftaine du parc : elle distribue de l’Arnica à tous les gamins qui tombent, donne des conseils à toutes les mères parce qu’elle lit plein de bouquins que tu ne liras jamais. Celle qui devance toutes tes questions et qui a le ton juste avec ta fille. Bref, la nounou que tu veux.

Mettons qu’elle s’appelle Elodie. Elle travaille dans une MAM, c’est une maison d’assistantes maternelles. Elles sont trois dans une maison, et s’occupent ensemble des enfants. Une mini-crèche, quoi. Et Elodie, je suis allée la voir trois fois avant qu’elle ne dise banco. Et franchement, quand elle a dit oui, je me suis sentie aussi fière que quand j’ai eu le Bac. Et ça, ça fait bizarre.

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Toi qui a un gros ventre/des poignées d’amour/une moustache/des grands pieds : est-ce que je te tripote ? Non, je ne le crois pas. Alors soyons clair : on ne touche pas non plus le ventre d’une femme enceinte. Comme le tripotage des grandes oreilles, c’est interdit. Toi que je croise juste à la machine à café, cesse de tripoter mon ventre.

Enceinte, notre corps ne nous appartient plus tout à fait. Certes, un locataire s’y installe quelques mois et on n’est plus seule, mais c’est un choix personnel qui ne regarde personne. Et le problème n’est pas là. C’est ce « ah bon ? » qui devient quasi quotidien, comme si ce ventre appartenait désormais à l’espace public. Et tout d’un coup, les gens s’autorisent à poser des questions qu’ils ne poseraient absolument pas en temps normal, et des intrusions que toute personne saine d’esprit trouverait très choquantes.

Tu ne sais pas QUI a lavé cette salade ?

Et tiens, toi toujours, que je croise à la machine à café, et qui me demande si « vraiment ?? » je compte boire ce café-non-décaféiné-avec-de-la-caféine. Cesse, aussi. Je joue encore bien la femme enceinte épanouie et sûre d’elle, mais je pourrais bien te répondre bientôt un peu aimable « de quoi je me mêle ? ». Malheureusement, le contrôle social ne se limite pas au café, il est présent partout. « Ah bon, tu manges du fromage ? », « ah bon, tu manges cette salade alors que tu ne sais pas qui l’a lavée ? », « ah bon, tu manges une huître ? »

Et voilà l’effet pervers de cette surveillance sociale : je n’assume pas tout à fait la dernière réponse. J’avoue avoir culpabilisé d’en avoir mangé trois pendant les fêtes. Et aussi du foie gras, mais je jure sur la tête de Babychou qu’il était bien cuit. (« QUOI???? » Entends-je ma collègue s’étouffer avec son café-court-sucré)

Tripotage de ventre, questions culinaires, mais aussi interrogations très indiscrètes. Je me souviens, lors de ma première grossesse, d’une collègue qui m’avait demandé sans aucune gêne si ce bébé était désiré ou un accident. Hum. Comment dire. Vraiment ?

Nouveaux jeux de société

Nouveaux jeux de société

Non, non. Juste l’envie de reprendre le clavier. Et une bonne résolution pour 2015 : raconter à nouveau ici mes VRAIS problèmes. Pas régler le problème de la dette, de la pauvreté et de la faim dans le monde, ou trouver un remède contre le cancer. Non, non. Des trucs vraiment importants.

Une famille qui s’agrandit, une vie dans une plus-tout-à-fait nouvelle ville où quand Babychou me demande (assez souvent) ces temps-ci « Pourquoi il pleut ? » je réponds : « Parce qu’on est à Nantes ». Le coup de vieux l’émotion de voir son enfant entrer à l’école, les réunions (magiques) de parents d’élèves, les jeux de société pour les enfants de 3 ans et +, réaliser du tac au tac une dissert’ orale sur des questions telles que « C’est quoi l’amour ? » ou « Est-ce que quand je serai grand tu seras morte ? », et un peu de temps aussi, j’espère, pour penser à soi.

Bref, ce blog reprend du service. Et c’est aussi l’occasion de vous souhaiter une très belle année 2015. Je vous souhaite du temps (ou de trouver une organisation du tonnerre) pour réussir à tout concilier dans vos vies.

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