Lorsqu’hier soir, tout sourire, j’ai annoncé le menu à mon cher et tendre : « Ce soir, mon chéri, c’est laksa aux crevettes et aux champignons! », j’ai lu dans ses yeux : « J’espère que cette histoire de déprime hivernale va bientôt passer…»

Car depuis dix jours, mon frigo regorge d’épices asiatiques en tout genre. Feuilles de kaffir, pâte de cari rouge, verte, piments forts, sauce satay… Ça a commencé innocemment, avec des nems (d’accord, pas très thaï, mais on reste sur le même continent). Pas très innocents ces nems d’ailleurs, puisque j’en ai fait 80 et notre appart s’en est souvenu pendant une semaine. Des nems, je suis passée au laksa (que je réussis pas mal puisque j’ai récidivé deux fois), puis au pad thaï.

Ce week-end, lorsque j’ai cuisiné un sauté de boeuf thaï, complètement raté je l’avoue, l’homme qui partage mes hauts et mes bas m’a suggéré tendrement : « Peut-être que tu pourrais faire une pause avec la cuisine thaï? ». Alors j’ai fait une pause, jusqu’à hier soir.

Il y a dix jours, j’ai commencé à me poser des questions : « Qui suis-je? Où erre-je? Quel est le sens de la vie? Pourquoi y a-t-il de la neige en hiver? Mais au fond, que faisons nous au Québec? » J’ai opté pour la méthode active : cuisiner. J’aurais pu choisir la course à pied mais je ne peux pas, je dois d’abord terminer ma rééducation périnéale. J’aurais pu décider de repeindre toutes les pièces de notre appart, mais j’avais pas envie. Aller chez le coiffeur? Trop risqué. Faire un grand ménage? Faut quand même pas exagérer. Alors j’ai opté pour la cuisine, des plats nouveaux, épicés, qui représentent à chaque fois un nouveau défi.

Ce soir, j’épargne un nouvel essai culinaire à mon cher et tendre : je vais dîner avec des copines au resto. Il pourra manger des pâtes avec du ketchup, du fromage, des oeufs et de la mayo. Faut qu’il en profite, je ne sais pas ce que je vais cuisiner demain.

Publicités