L’univers entier sait que j’ai repris le travail (ou pas). J’ai donc repris le travail, avec grand grand bonheur, dans une  entreprise audiovisuelle publique (suivez mon doigt je ne vise personne), et j’ai dû renouer avec les codes du monde du travail.

Et donc travailler à la fois comme mère, et comme journaliste accomplie (à peu près) sûre de ses compétences. Pour me persuader que j’étais tout cela, j’ai chaussé des chaussures à talons, et dans mon portefeuille, j’ai placé une photo de mon fils.

Jadis, j’étais une de ces jeunes femmes sûre de ne jamais imposer une photo de son enfant à ses collègues. J’étais parfois sûre de pouvoir aller travailler avec des talons hauts. Aujourd’hui, je ne suis ni l’une, ni l’autre.

Alors que je me promenais avec des chaussures à talons trop hauts dans la cafétéria de Radio Canada,  j’ai rencontré un ancien collègue de Radio France. Nous avons parlé boulot bien sûr, mais sur les 20 minutes que nous avons passé ensemble, je pense lui avoir parlé la moitié du temps de mon fils. J’ai hésité à lui montrer la photo de Babychou au moment de payer  mon café, mais j’ai résisté.

Une demie heure plus tard, alors que je souffrais le martyr dans mes chaussures-trop-belles-mais-que-je-n’ai-pas-pu-mettre-cet-hiver-parce-que-j’étais-une-mère-en-congé-parental-qui-avait-un-bébé-à-porter, je n’ai pas pu résister face à ma collègue de formation. Je lui ai montré ma photo de Babychou, et j’étais tellement heureuse qu’elle s’extasie devant sa beauté.

J’ai donc décidé de reprendre les choses tranquillement. Je laisse les talons de côté pour l’instant, et je m’autorise avec parcimonie des sorties de photo de Babychou.

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