À situation exceptionnelle, titre exceptionnel. J’annule l’interrogative, et m’enflamme pour l’exclamative.

Parce que oui, si Gérard rentre en France, ou y reste, eh bien moi en tout cas je reste au Québec (enfin j’espère pas quand même – mais j’y reviendrai bientôt c’est promis, et notez que j’adore le Québec).

Au Québec, où je paye des impôts dont je ne sais pas bien à quoi ils servent. Je déteste entrer dans le jeu des « tous pourris », mais quand même. Jouons un peu. Au Québec, je suis taxée à environ 40% de mes revenus. Pourtant, lorsque je vais chez le médecin avec mon fils fiévreux, j’attends 2h30, pour tomber sur un médecin qui pratique son sudoku entre deux rendez-vous. Lorsque moi-même je me rends chez le médecin, c’est le même régime. Et c’était le même régime aussi lorsque j’étais enceinte et que mon obstétricien me faisait attendre une heure avant de m’examiner 2 min 30 et avait l’air exaspéré quand je lui posais des questions et que c’était à moi de décider s’il fallait que je provoque ou non l’accouchement. Et ici toujours, lorsque j’ai accouché, je suis restée 2 jours, à peine, à l’hôpital : 36 heures.

C’est à Montréal aussi que je paye des impôts. Montréal qui est en train de vivre son plus gros scandale de corruption pour ses liens avec la mafia montréalaise. Je suis contente de payer des impôts pour contribuer à l’effort collectif, mais quand même.  Je ne suis pas mécontente de quitter le Québec pour ne plus y payer d’impôts.

J’ai lu aujourd’hui l’excellente tribune de Philippe Torreton dans Libération, j’ai aussi lu quelques « post » de Français expatriés. Et je suis affligée. « Vas-y Gérard, go! »… Euh… Pourquoi tant d’amour? Les Valseuses? Cyrano? Les Visiteurs? Car au fond, on s’en fout de Gérard. Torreton nous livre en substance un portrait assez fidèle, semble-t-il, de la réalité. On s’en fout de Gérard. Moi, je m’en tape de Gérard. Qu’il aille faire ses pets foireux en Belgique ou roter ses pintades outre-Quiévrain. Ce qui m’insupporte, c’est l’arrogance de ceux qui vivent à l’étranger et qui – bien souvent – ne payent pas l’impôt français, qui ont bénéficié À FOND du système français et qui aujourd’hui crachent dans la soupe qui leur a payé leur scolarité, leur médecine et dont ils bénéficieront sans doute dans une certaine mesure quand ils seront vieux.

Je ne vais pas louer les avantages de la France et de sa solidarité, qui doit avancer sur certains sujets : l’égalité de tous devant la loi, l’égalité des sexes, le mariage, la parentalité. Voilà de vrais sujets qui m’intéressent et qui doivent avancer en France.

Pardon, donc, d’avoir parlé de Gérard.

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