DSC_1039

Ami lecteur, je dois me rendre à l’évidence. L’inspiration n’y est plus. L’envie s’étiole. D’ailleurs, mes billets sont de plus en plus rares. Je préfère donc faire une pause, avant que ce blog ne devienne une corvée. L’idée de cet espace, c’était de raconter mon quotidien de jeune-maman-expatriée-à-Montréal dès que ça me chantait. Et là, ça me chante moins.

Ami lecteur, je n’ai pas (encore) trouvé le Jean Coutu de Montpellier, sa gentille caissière et ses fiches sur le diabète. J’ai sans doute, aussi, envie de raconter autre chose.

Ami lecteur, j’espère te retrouver bientôt sur un autre blog. Mais je reviendrai sûrement ici, parce que j’aurai toujours des vrais problèmes.

A bientôt!

Publicités

Lorsque je suis arrivée au Québec, je me suis adaptée à certains usages, comme par exemple faire la queue pour attendre le bus, demander à tout bout de champ aux gens comment ils vont, serrer la main plutôt que de faire la bise, etc. Eh bien là, depuis mon retour en France, je me surprends à devoir faire le processus inverse, et je me retrouve parfois dans des situations un peu gênantes. Exemples.

Le sourire un peu gêné

J’ai donc pris l’habitude de demander à tout le monde comment ça va. Bien souvent, je reçois en réponse un sourire soit gêné qui signifie un truc du genre mais-de-quoi-elle-se-mêle-cette-folle, un peu comme lorsque je répondais à la gentille caissière du Jean Coutu. Ou alors, un sourire amusé qui doit vouloir dire tiens-elle-est-drôle-celle-là.

Ah ici la bise, c’est 3!

J’avais oublié à quel point en France tout le monde, tout le temps, se fait la bise. Et le truc c’est qu’à Montpellier, on s’en claque 3. Si j’ai le malheur de n’en faire que 2 (ce qui est déjà pas mal vous en conviendrez), on me répond : « Ah non ici, c’est trois! », et me voilà repartie pour un 3ème tour. Mais POURQUOI 3? Je n’ai pas encore la réponse mais j’y travaille.

Et non seulement c’est 3 bisous, mais en plus c’est tout le temps! J’ai même dû me coltiner une série avec la babysitter de Babychou. Et j’avoue avoir été choquée, oui, choquée, qu’elle me tende la joue. Et là je me dis : soit je vieillis, soit il était vraiment temps de rentrer en France.

Non mais tu vas pas rentrer là?

J’avais aussi un peu oublié la proximité dans les transports en commun. Ça m’a valu quelques déconvenues. Et notamment la fois où à Paris, j’ai laissé passer 5 trams alors qu’il ne faisait pas chaud-chaud parce que je n’arrivais pas à me lancer. Je voyais les autres voyageurs pousser pour rentrer. Les portes qui ne se fermaient pas parce que tout simplement, il y avait TROP de monde. Mais ils sont peut être arrivés plus rapidement que moi. J’ai mis 1h15 pour un trajet qui se fait en 45 minutes.

C’est oui ou c’est non?

Les Québécois ne disent pas franchement non. Ils ont une manière très habile de décliner une proposition. C’était assez déroutant puisque je me souviens avoir rencontré des gens, et notamment pour le boulot, avec qui le contact passait super bien, être sortie de la rencontre en pleine confiance, et réalisé 5 minutes plus tard que le gars venait de me dire non.

Les Français, eux, disent rarement oui. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai eu au téléphone une boîte qui affichait sur son site internet : « nous recrutons! » (oui, il y avait bien le point d’exclamation). Qu’à cela ne tienne, vu mon parcours et les métiers de la boîte, je postule parce que je sais que mon profil peut coller. Je propose même de venir leur rendre visite, en tout bien tout honneur, histoire de faire connaissance. La fille que j’ai au téléphone est alors complètement perdue. « Oui mais non mais attendez mais là c’est à dire qu’on est débordés et puis on a pas vraiment de travail alors bon ». Moi : « mais je croyais que vous recrutiez? » Elle : « Oui mais non enfin c’est à dire qu’on est débordés » Moi : « Ben justement je peux peut être vous aider » Elle : « Oui mais non ne venez pas on a pas le temps, on vous rappellera, merci » Moi : « Bienvenue ».

Bienvenue. J’ai répondu « bienvenue » tellement j’étais sidérée. Alors que je ne l’ai jamais dit au Québec. Il paraît qu’il faut un an pour se réadapter.

DSC_0463

Voilà. Après trois ans et demi passés au Québec, je dois me réhabituer au clavier azerty. On oublie vite, et j’ai peur de vite oublier mon immersion montréalaise. Alors je me concentre fort fort fort pour me souvenir de tout. Je suis partie depuis 8 jours et il me semble que ça fait une éternité.

Pour l’instant, je me souviens surtout de nos trois derniers jours au pays de Babychou, qui a passé Noël à l’hôpital. Tout est rentré dans l’ordre à présent, mais ça a franchement terni la fin de notre séjour. Attente aux urgences, aller-retour interminables entre notre maison temporaire et l’hôpital, tempête de neige que dis-donc-c’est-sympa-la-neige-mais-elle-ne-tombe-pas-très-très-bien-cette-tempête, attente, sortie de l’hôpital et Babychou qui nous fait ce cadeau de faire ses premiers pas au Québec.

Et puis finalement, le trajet en taxi pour aller à l’aéroport, et l’impression de ne pas réaliser du tout ce qui est en train de se passer.

Je pensais, pour ce dernier billet québécois, écrire une lettre d’amour au Québec. Mais cette lettre attendra un peu. Que Babychou, Chéri et moi atterrissions.

À situation exceptionnelle, titre exceptionnel. J’annule l’interrogative, et m’enflamme pour l’exclamative.

Parce que oui, si Gérard rentre en France, ou y reste, eh bien moi en tout cas je reste au Québec (enfin j’espère pas quand même – mais j’y reviendrai bientôt c’est promis, et notez que j’adore le Québec).

Au Québec, où je paye des impôts dont je ne sais pas bien à quoi ils servent. Je déteste entrer dans le jeu des « tous pourris », mais quand même. Jouons un peu. Au Québec, je suis taxée à environ 40% de mes revenus. Pourtant, lorsque je vais chez le médecin avec mon fils fiévreux, j’attends 2h30, pour tomber sur un médecin qui pratique son sudoku entre deux rendez-vous. Lorsque moi-même je me rends chez le médecin, c’est le même régime. Et c’était le même régime aussi lorsque j’étais enceinte et que mon obstétricien me faisait attendre une heure avant de m’examiner 2 min 30 et avait l’air exaspéré quand je lui posais des questions et que c’était à moi de décider s’il fallait que je provoque ou non l’accouchement. Et ici toujours, lorsque j’ai accouché, je suis restée 2 jours, à peine, à l’hôpital : 36 heures.

C’est à Montréal aussi que je paye des impôts. Montréal qui est en train de vivre son plus gros scandale de corruption pour ses liens avec la mafia montréalaise. Je suis contente de payer des impôts pour contribuer à l’effort collectif, mais quand même.  Je ne suis pas mécontente de quitter le Québec pour ne plus y payer d’impôts.

J’ai lu aujourd’hui l’excellente tribune de Philippe Torreton dans Libération, j’ai aussi lu quelques « post » de Français expatriés. Et je suis affligée. « Vas-y Gérard, go! »… Euh… Pourquoi tant d’amour? Les Valseuses? Cyrano? Les Visiteurs? Car au fond, on s’en fout de Gérard. Torreton nous livre en substance un portrait assez fidèle, semble-t-il, de la réalité. On s’en fout de Gérard. Moi, je m’en tape de Gérard. Qu’il aille faire ses pets foireux en Belgique ou roter ses pintades outre-Quiévrain. Ce qui m’insupporte, c’est l’arrogance de ceux qui vivent à l’étranger et qui – bien souvent – ne payent pas l’impôt français, qui ont bénéficié À FOND du système français et qui aujourd’hui crachent dans la soupe qui leur a payé leur scolarité, leur médecine et dont ils bénéficieront sans doute dans une certaine mesure quand ils seront vieux.

Je ne vais pas louer les avantages de la France et de sa solidarité, qui doit avancer sur certains sujets : l’égalité de tous devant la loi, l’égalité des sexes, le mariage, la parentalité. Voilà de vrais sujets qui m’intéressent et qui doivent avancer en France.

Pardon, donc, d’avoir parlé de Gérard.

Après Halloween, voici venir le temps des partys (prononcer «parté») de Noël! Au Québec, le mois de décembre est riche en rendez-vous sociaux. Les collègues de travail se réunissent chez un chef ou dans un lieu plus neutre, un resto ou un bar, et devisent sur l’année écoulée autour de quelques victuailles et autre boisson.

Ce genre de rendez-vous m’a toujours laissée songeuse. D’abord parce comme je suis journaliste, eh bien je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’y participer, faute d’être libre ce soir-là. Ensuite parce ce que ces partys concluent toute l’année de 5 à 7 des travailleurs.

Car cette tradition s’inscrit dans une coutume extrêmement répandue au Québec : le 5 à 7. Ami Français, pas de méprise, ce rendez-vous n’a rien de sexuel. Pour une rencontre professionnelle, tu fais un 5 à 7. Pour débriefer le discours de ton boss, tu fais un 5 à 7. Pour célébrer la sortie d’un livre, tu fais un 5 à 7. Pour fêter les 10 ans de ta boîte, tu organises un 5 à 7. Tu vas dans un bar avec tout ce monde là et tu bois des coups. Le «parté» de Noël est donc une sorte de méga 5 à 7.

Lors de notre première année ici, Chéri a participé à son premier «parté». Le pauvre, il a dû se rendre chez son chef avec un cadeau. La discussion a été longue et le choix ardu. Il avait opté pour le jeu des petits cochon. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’un jeu était organisé pour tirer les cadeaux au sort. Or, il ne connaissait pas les règles! Résultat : un de ses collègues s’est retrouvé dépité avec le jeu des petits cochons après avoir tenté toute la soirée de le refourguer. La deuxième fois, il avait prévu le coup. Il s’est pointé chez sa chef adjointe avec des cuisses de canards confites rapportées de France. Il a eu un succès fou et tous ses collègues se sont disputé sont lot!

Chéri a placé la barre très haut et je ne suis pas mécontente d’emmagasiner des points airloose. Car oui! Les conjoints ne sont pas invités. Quel dommage.

Archives

Catégorie

Articles les plus consultés

septembre 2017
L M M J V S D
« Nov    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930